Répartition épiceries sociales Charleroi + statistiques

Question de Monsieur le Conseiller Anthony DUFRANE

Monsieur l’Echevin,

Ayant récemment visité l’épicerie sociale de Tamines, je voudrais faire le point à ce sujet dans notre Ville. Le but d’une épicerie sociale est de permettre aux plus démunis, généralement les bénéficiaires du revenu d’intégration social ou les membres du CPAS, de faire leur course à un prix défiant toute concurrence.

En Wallonie, on compte environ 75 épiceries sociales. La Ville de Tournai par exemple on compte plus ou moins 25 tandis que la ville de Charleroi en abrite, selon moi, environ une dizaine. De plus en plus de foyers aimeraient se tourner vers ce genre de service moins couteux. La demande surpasse donc souvent l’offre et les conditions pour faire ses courses dans une épicerie sociale ne sont pas les mêmes dans tous les établissements.

Monsieur l’Echevin, pourriez-vous m’éclairer sur le nombre exact d’épiceries sociales en région de Charleroi. Comment sont-elles réparties géographiquement sur le territoire et qui sont les personnes ayant l’accès autorisé ? Avez-vous des statistiques démographiques concernant la fréquentation de ces établissements ? Quelles sont les produits rencontrant le plus de succès ? Quels sont les enjeux quotidiens auxquels doit faire face chaque épicerie ? De nouvelles épiceries vont-elles s’installer à Charleroi ou bien la demande est-elle en phase avec l’offre ? 

Je vous remercie d’avance pour les réponses que vous pourrez m’apporter,

Anthony Dufrane, Conseiller communal

 

Réponse de Monsieur Mohamed FEKRIOUI, Echevin et Monsieur Eric Eric MASSIN, Président du CPAS

Réponse de Monsieur l’Echevin FEKRIOUI – Service Santé (Ville)

La problématique des épiceries sociales a déjà été travaillée par le service santé, en partenariat, entre 2012-2013 et 2013-2014 dans le cadre de deux appels à projets pour la réduction des inégalités sociales de santé de Mme la Ministre Fadila Laanan. Projet portant sur « programme communal de santé : promotion de modes de vie sains » appelé « De l’épicerie sociale à l’épicerie solidaire » pour et avec les populations fragilisées.

Le 1er projet avait pour objectifs :

  1. Identifier les besoins des bénéficiaires d’une épicerie sociale en matière de services et de produits.
  2. Identifier les besoins des bénévoles et des permanents œuvrant dans une épicerie sociale afin de répondre au mieux aux besoins des bénéficiaires.

 

Le 2ème projet avait pour objectifs :

  1. L’étude de faisabilité de la mise en réseau des épiceries sociales à un niveau local.
  2. L’étude de faisabilité de l’offre de fruits et légumes locaux dans les épiceries sociales.

 

Ces deux projets ont fait l’objet de rapport d’activités disponibles sur http://www.charleroi.be/node/7599

 

La mise en réseau des épiceries sociales n’a pas abouti malgré la volonté des acteurs locaux d’y adhérer car leur travail quotidien ne leur permettait pas d’endosser en plus un rôle de coordination. Le Service Santé serait disposé à relancer cette démarche partenariale (privé/public) selon les directives du Collège Communal ou de l’Echevin de la santé.

  • Nombre d’épiceries sociales et localisation géographique : en région de Charleroi : 6 dans l’entité Carolo (Passage 45 CPAS – Charleroi Nord ; Faim et Froid – Gilly ; Croix Rouge – Jumet ; ASBL Némésis – Charleroi Nord et Roux ; Resto du Cœur – Charleroi ; ASBL Promotion Service – Monceau/S/Sambre) ; 11 dans l’arrondissement de Charleroi (Frasnes-lez-Gosselies ; Courcelles ; Châtelet ; Bouffioulx ; Morlanwez ; Fontaine l’Évêque).
  • Public concerné : public précarisé recommandé par les services sociaux de la Ville et du CPAS (un dossier social est aussi ouvert dans chaque structure ayant une épicerie sociale).
  • Produits rencontrant le plus de succès : selon l’enquête réalisée auprès des bénéficiaires de l’épicerie sociale de l’ASBL Némésis (en 2013), les 5 types de produits le plus souvent achetés sont : conserves de fruits et/ou de légumes, le lait, les jus, les plats préparés et les légumes frais s’il y en a.
  • Le type de produits souhaités par les bénéficiaires : plus de choix de légumes ; des fruits frais ; plus de variétés de viandes ou de volailles ; choix de produits laitiers.
  • Enjeux quotidiens :
  1. Précarité des structures d’aide qui vivent sur base de subventions ou de dons privés.
  2. Organisation spécifique à chaque structure en fonction de ses moyens, d’où le travail avec du personnel rémunéré et beaucoup de bénévoles. Ces derniers sont un public très volatil puisqu’il n’y a qu’un engagement moral.
  3. Gestion des stocks selon les arrivages en accord avec les normes AFSCA (très strictes), d’où problèmes de stockage notamment dans des lieux réfrigérés.
  4. Gestion des stocks lorsqu’il y a arrivage d’une quantité massive d’un seul type de produits (ex. 150kg de boudin).
  5. Tenue du magasin et accueil du public (dépend du nombre de bénévoles présents, de leur implication dans l’épicerie, de leur empathie ou non avec le public, de leur communication formalisée ou non avec les responsables des structures pour faire remonter les problèmes ou demandes des bénéficiaires, etc.).
  6. Nécessité de formations spécifiques des bénévoles comme des permanents.

 

Réponse de Monsieur le Président E. MASSIN – CPAS :

Tout d’abord, je voudrais vous apporter une précision : un point de distribution de colis alimentaire gratuits ou payants (la participation financière pour les colis sert à couvrir les frais de gestion et/ou logistique) n’est pas une épicerie sociale. Même si les 2 peuvent être situés dans le même local.

Une épicerie sociale fonctionne sur base de critères clairement établis :

  • L’épicerie sociale doit vendre ses produits à un prix sensiblement inférieur au prix habituel du marché. La réduction peut varier de 10% à 70%. Ces réductions sont le résultat de la différence entre le prix habituel du marché de l’ensemble des produits achetés par l’épicerie et le montant réellement dépensé pour ces achats sur une période de 12 mois. Une épicerie sociale est toujours à l’affût de promo du type 1+1 gratuit, de dons autorisés à la « revente » ; de commander via des plates-formes d’achat solidaire comme Soli-food ou Goods to Give pour atteindre l’objectif fixé.
  • Une rencontre avec un travailleur social d’un service social reconnu (CPAS, Mutuelle, Service social d’une administration communale, Médiation de dettes, etc…) et son enquête sociale (= calcul du budget) déterminera
    • L’accès à l’épicerie sociale
    • La durée dans le temps de l’accès à l’épicerie sociale
    • Le rythme de la révision du dossier
  • Une rencontre avec un travailleur social est une garantie de discrétion sur les informations échangées
  • Les critères d’achats des produits dans l’épicerie sociale dépendent de:
    • la grille des montants d’achats maxima établie par l’épicerie sociale
    • la fréquence de visites déterminée lors de la rencontre avec le travailleur social (une fois semaine à une fois par mois, etc…)
    • la composition familiale qui détermine l’accès d’achats à certains produits spécifiques (couches culottes en fonction de l’âge des enfants ; etc…)

Une épicerie sociale est généralement créée par :

  • Un CPAS
  • Une ASBL
  • La Croix Rouge de Belgique

 

Situation à Charleroi

Epiceries sociales

Coopérative du Passage 45 (CPAS de Charleroi) – 1
Promotion services – 1
Némésis – 1
Maison de la Croix Rouge – 3
Entraide de Courcelles – 1
Faim et Froid – 1

Localisation sur le territoire

Charleroi – 3
Gilly – 2
Jumet – 1
Courcelles – 1
Monceau – 1

Exemples de budget mensuel octroyé

Coopérative du passage 45

5.0 € mensuel pour 1 personne
6.5 € mensuel pour 2 personnes
8.0 € mensuel pour 3 personnes
9.5 € mensuel pour 4 personnes

 

Maison de la Croix Rouge Charleroi

10.0 € mensuel pour 1 personne
17.5 € mensuel pour 2 personnes
22.5 € mensuel pour 3 personnes
26.0 € mensuel pour 4 personnes

 

Maison de la Croix Rouge Jumet

14 € mensuel pour 1 personne
16 € mensuel pour 2 personnes
18 € mensuel pour 3 personnes
20 € mensuel pour 4 personnes

 

Promotion service

Plafond déterminé au cas par cas et peut atteindre 20,00 € mensuel par personne

 

Faim et Froid

Fonctionne sur un quota de pièces qui peuvent être achetées et non sur base d’un budget et une seule visite par semaine.

 

Entraide de Courcelles

Pas de budget à dépenser ; mais il est fait appel au bon sens.

 

Exemples d’heures d’ouverture hebdomadaires

Coopérative du Passage 45 – 27 heures
Maison Croix Rouge Gilly – 8 heures
Maison Croix Rouge Jumet – 12 heures
Maison Croix Rouge Charleroi – 8 heures
Promotion services – 16 heures
Faim et Froid

Dossiers ouverts : un dossier peut comprendre plusieurs personnes

Coopérative du Passage 45 – 949 (2440 pers dont 1136 enfants)
Maison Croix Rouge Gilly – 70
Maison Croix Rouge Jumet – 353
Maison Croix Rouge Charleroi – 300
Promotion services – 150
Faim et Froid – 300
Entraide de Courcelles – 50

 

Informations complémentaires

FDSS (www.fdss.be)

Réseau REPIS et sa charte (CPAS de Charleroi est un des membres fondateurs).

Plate-forme d’achat solidaire.

Soli-food : produits alimentaires à prix réduits (10 à 20% de réduction).

Goods to Give : produits non alimentaires (prix de revente maximum déterminé par la plateforme ; généralement produits achetés à 7% du prix du marché et autorisés à être revendus à 15% du prix du marché).

7% du prix du marché correspond généralement aux frais de logistique et gestion.

Dons autorisés à la revente sur base d’une convention entre le donateur et l’épicerie sociale et généralement liée à la demande ou pas de récupération de TVA.

Bourses aux dons.