Opération ouvrir mon quotidien

 

Question orale de M. Anthony Dufrane à M. Jean-Claude Marcourt, viceprésident, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias, intitulée «Opération Ouvrir mon quotidien»

M. Anthony Dufrane (PS).

Monsieur le Ministre, l’opération Ouvrir mon quotidien, qui s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine de l’éducation aux médias, en est à sa 14e édition. Depuis 2002, l’association LA PRESSE.be permet ainsi aux élèves de 5e et de 6e primaire ainsi qu’aux écoles secondaires de recevoir gratuitement chaque matin les journaux de la presse quotidienne belge francophone pendant quinze jours.

Divers partenaires sont associés à cette opération pour plus d’efficacité. C’est le cas de l’Association des journalistes professionnels (AJP), qui organise l’opération Journalistes en classe, grâce à laquelle les élèves peuvent recevoir des journalistes professionnels dans leur classe et se familiariser avec cette profession.

Plus largement, l’initiative Ouvrir mon quotidien s’inscrit dans le cadre du décret du 31 mars 2004 relatif aux aides attribuées à la presse.

Le Conseil supérieur de l’éducation aux médias (CSEM) a tiré quelques constats et conclusions relatifs à cette opération, sur lesquels je souhaite brièvement revenir.

En premier lieu, il convient d’évaluer la possibilité pour les écoles inscrites de recevoir plus de cinq journaux, la diminution réelle du nombre d’écoles fondamentales inscrites dans le processus, l’évolution du taux de participation entre enseignement ordinaire et spécialisé, voire du phénomène par province en vue de résoudre les écarts géographiques observés.

En deuxième lieu, on constate d’année en année une grande stabilité, voire une légère augmentation, du nombre d’inscriptions dans l’enseignement secondaire. Comme l’observe le CSEM, la préinscription de 80 % des écoles actives dans l’opération indique un taux de fidélisation constant. Il note, en outre, que le biais géographique relevé en primaire n’est pas observé en secondaire, ce qui est plutôt positif.

En troisième lieu, en ce qui concerne l’adaptation aux développements numériques, le CSEM plaide en faveur d’un renforcement concret du projet «Ouvrir mon quotidien numérique» à l’horizon de la rentrée scolaire 2017-2018.

En quatrième lieu, le CESM attire l’attention sur les adaptations nécessaires à réaliser pour maintenir un accompagnement pédagogique adé- quat et un taux d’engagement fort des participants en s’appuyant sur des outils actualisés avec les différents partenaires.

En conclusion, le CSEM pointe l’opportunité de voir définies des journées de rencontre entre enseignants et professionnels de la presse d’information, comme des journées de formation organisées par l’Institut de la formation en cours de carrière (IFC).

Nombre de points soulevés relèvent de la compétence de votre collègue, la ministre de l’Éducation. Cependant, c’est à vous que je souhaite m’adresser aujourd’hui pour connaître votre approche et, le cas échéant, l’état du dialogue en cours entre vos départements respectifs.

Tout comme vous, je suis particulièrement attentif à la nécessité de toucher les publics les plus larges et diversifiés possibles dans ce domaine ainsi qu’à l’éventualité d’utiliser des outils de sensibilisation en vue d’accrocher à cette dynamique importante les écoles qui ne le seraient pas encore, et ce, afin de combler autant que pos- ( 13 ) CRIc No 19-Ens Sup3 (2016-2017) sible le fossé culturel et de mettre à profit les possibilités qu’ouvre la transition numérique.

Monsieur le Ministre, quelle analyse faitesvous des éléments soulevés par le CSEM? Y a-t-il, selon vous, d’éventuelles nuances à apporter ou progrès à réaliser pour répondre à ces suggestions? Quelles sont les pistes envisagées avec votre collègue à cette fin?

 

Réponse de M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias.

Comme vous le relevez, cette opération existe depuis une douzaine d’années et permet aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui en font la demande auprès de l’association LA PRESSE.be de recevoir des journaux quotidiens afin de sensibiliser les jeunes à l’information de qualité. L’opération est coordonnée par les éditeurs et le Conseil supérieur de l’éducation aux médias (CSEM) à travers un accompagnement pédagogique.

Ainsi, l’édition 2016-2017 de l’opération Ouvrir Mon Quotidien (O.M.Q.) a, comme chaque année, rencontré un grand succès, surtout dans le secondaire. Plusieurs améliorations de l’opération ont également été envisagées dans le cadre d’une réflexion commune avec les acteurs du secteur, dont l’Association des journalistes professionnels (AJP).

En particulier, l’outil du «journal de bord», très apprécié par les enseignants du secondaire, pourrait être revu afin qu’il soit plus accessible pour les élèves du fondamental – ces derniers envisageant l’exploitation des journaux différemment du secondaire.

En ce qui concerne l’adaptation aux développements numériques, je rejoins entièrement l’avis du CSEM selon lequel le projet «O.M.Q. numérique» devrait être concrètement renforcé à l’horizon de la rentrée scolaire 2017-2018. Je rappelle que la sensibilisation des jeunes aux nouveaux médias, notamment via les initiatives en éducation des médias, reste pour moi une priorité.

Pour mémoire, la Déclaration de politique communautaire prévoit la nécessité «d’accroitre le recours aux formats numériques de presse dans le cadre des opérations de lecture de la presse dans les écoles». Dans ce cadre, le projet «O.M.Q. numérique» conçu par LA PRESSE.be et le CSEM vise à développer en deux phases (une phasepilote et une phase de développement) des outils pédagogiques et techniques nécessaires à cet objectif.

Comme vous le savez, je soutiens ce projet, qui se veut plus ambitieux et inclusif que le projet «O.M.Q.» de base: formations, accompagnement, développement de dossiers thématiques – concernant, par exemple, la liberté d’expression, les théories du complot, l’utilisation responsable des réseaux sociaux et le vivre ensemble. Pour information, la RTBF et RTL sont associés, à travers le CSEM, à l’initiative en tant que médias d’information.

Nous sommes trois ministres à être concernés par le projet au travers de nos compétences: éducation, média et jeunesse. Nos cabinets respectifs se sont déjà rencontrés à deux reprises afin de travailler sur la budgétisation et l’opérationnalisation de ce projet. Nous espérons toujours pouvoir lancer la première phase du projet-pilote pour la rentrée 2017.

Le but de cette phase sera d’identifier et d’analyser les attentes et les besoins des enseignants, d’évaluer l’impact et d’estimer les besoins futurs ainsi que de voir comment faire coexister l’opération O.M.Q. «classique» avec sa déclinaison numérique.

 

Réplique de M. Anthony Dufrane (PS).

Je vous remercie pour votre soutien au projet. Je note également que les cabinets se sont rencontrés et je m’en ré- jouis. La révision du journal de bord qui sera plus accessible est un point positif, tout comme la volonté d’étudier la possibilité d’élargir vers les professeurs des cours de philosophie et de citoyenneté. Je resterai attentif au dossier.