Les métiers en pénurie

 

Question écrite du 11/07/2017

  • de DUFRANE Anthony
  • à TILLIEUX Eliane, Ministre de l’Emploi et de la Formation

Chaque année, depuis la sixième réforme de l’Etat, le FOREm dresse une liste des métiers en pénurie et des métiers critiques.

Pour qu’un métier soit considéré comme «en pénurie», il faut que le nombre de demandeurs d’emploi soit insuffisant pour cette fonction. Si le nombre de demandeurs d’emploi est suffisant, mais que ceux-ci n’ont pas de diplôme ni d’expérience, alors on parle de métier critique.

La liste comporte 80 métiers critiques dont 47 en pénurie. Cela représente 50.603 postes en Wallonie.

Ce constat étant alarmant, mes questions sont les suivantes.

Quelles mesures vont-elles être prises afin de rendre ces métiers davantage attractifs ?

Qu’est-il fait pour valoriser les formations correspondant à ces métiers ?

Enfin, plus généralement, quel constat Madame la Ministre fait-elle de ces chiffres ?

 

Réponse du 27/07/2017

  • de TILLIEUX Eliane

La liste des métiers en pénurie est exploitée par le FOREm pour orienter les efforts en termes d’amélioration du niveau ou du contenu des qualifications de la main-d’œuvre, de communication visant à réduire l’asymétrie d’information entre employeurs et candidats et d’amélioration des processus pour qualifier les offres ou le profil de la demande d’emploi, etc.

En termes de formation, les constats sont les suivants :
Parmi les 47 métiers cités comme en pénurie par l’étude, le FOREm organise des formations menant de manière directe à 33 d’entre eux et des formations contribuant à l’acquisition ou l’ajustement de compétences pour un total de 41 métiers sur 47. La formation dans les autres métiers nécessite un passage par les Hautes Écoles ou les universités (infirmier, médecin, pharmacien, technologue en imagerie médicale, …) et sont donc soutenus par le dispositif de la dispense de prouver sa disponibilité sur le marché de l’emploi pour les reprises d’études.

En termes de volumes annuels, près de deux offres sur cinq, gérées par le FOREm, concernent un métier issu de la liste des fonctions critiques ou en pénurie. Compte tenu des taux de satisfaction enregistrés sur ces postes, on estime qu’environ 5.000 postes n’auraient pas trouvé de candidat en 2016.

En vue de l’information et de l’orientation des publics vers les métiers (et en particulier les métiers en pénurie), le FOREm collabore avec l’enseignement pour la maintenance de son site Horizons Emploi https://www.leFOREm.be/HE/former/horizonsemploi-index.html. Ce site Web d’informations intégrées sur différentes facettes du marché de l’emploi et de la formation en Wallonie comporte trois axes : les métiers, les secteurs d’activités ainsi que les études et formations.

La collaboration entre la Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF autour du manque de main-d’œuvre dans certains secteurs est matérialisée dans les travaux des Instances Bassins Enseignement qualifiant – Formation – Emploi (dénommées ci-après IBEFE). Ces instances mettent en place une concertation permanente entre l’ensemble des acteurs du monde de l’enseignement qualifiant (secondaire, supérieur et promotion sociale), de la formation professionnelle et de l’emploi, ainsi qu’avec les partenaires sociaux.

Les IBEFE sont chargées de mener les actions qui permettront l’établissement d’une offre d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle cohérente et répondant aux besoins socio-économiques constatés au niveau de chaque bassin, en particulier dans les métiers en pénuries. La mise en place des IBEFE repose sur un accord de coopération entre la Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la COCOF. Cet accord est entré en vigueur le 22 novembre 2014.

Enfin, la mise en œuvre du premier plan d’accompagnement des chômeurs a montré que les actions coercitives en matière de formation amenaient dans les centres de formation des stagiaires non motivés ou ne disposant pas des prérequis, en ce compris au niveau des compétences sociales nécessaires. Ces réalités ont nécessairement impacté, en termes de coût, mais aussi de qualité de la formation, au détriment des autres stagiaires.

J’ai dès lors toujours été favorable à des actions de sensibilisation et d’information, à l’organisation d’essais métiers, à la promotion des métiers techniques et technologiques, parmi lesquels figurent la plupart des métiers en pénurie, à l’organisation de concours des métiers au niveau national, européen voire mondial, avec tout ce que les succes stories et la force de l’exemple peuvent avoir comme impact positif sur l’inscription des apprenants dans les filières mises en avant, …

Bref, je préfère privilégier les mesures incitatives plutôt que les sanctions dont le coût sociétal, mais aussi économique, est de plus en plus mis en exergue.

Je me réjouis, dès lors, des toutes récentes propositions des fédérations sectorielles qui rejoignent cette approche positive et les examinerai avec la plus grande attention.