La production de fruits en Wallonie

 

Question écrite du 31/08/2017

  • de DUFRANE Anthony
  • à COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Rien n’aura été épargné aux producteurs de fruits wallons, on a vraiment l’impression que depuis la mise en place de l’embargo russe en 2014, c’est la crise permanente.

Monsieur le Ministre peut-il faire le point sur cet embargo ?

Quels sont les marchés étrangers qui ont été gagnés par nos producteurs depuis 2014 ?

Au niveau climatique, 2017 aura été une « annus horribilis » : gel tardif en avril, sécheresse voire canicule en juin et juillet et août pourris…
Le gel d’avril a réduit la production de poires et surtout de pommes ainsi que de cerises, de fraises et de vignes et la période juillet/août n’est pas meilleure.

Peut-il faire le point sur l’avancement des travaux concernant l’activation du Fonds des calamités ?

En mai, il avait présenté des réflexions concernant d’autres mesures possibles en faveur du secteur : – soutien à la démarche « zéro résidu » ; – soutien aux centres pilotes ; – renforcement du programme européen « Fruits et Légumes à l’école » pour lequel je me suis fixé un objectif de 250.000 élèves concernés en 2020 avec un accent particulier sur les fruits de chez nous ; – budget additionnel pour des actions de promotion à mener par l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W).
Quels sont les résultats concrets de ces réflexions ?

 

Réponse du 21/09/2017

  • de COLLIN René

L’embargo russe a été prolongé jusque fin 2017, la Commission européenne a adopté le 20 avril 2017 un nouveau règlement délégué fixant des mesures exceptionnelles de soutien temporaire en faveur des producteurs de certains fruits. La Belgique bénéficie d’un quota de 21.845 tonnes de pommes et de poires. Depuis le 1er juillet, 939 tonnes de pommes ont fait l’objet de retrait de marché. Le secteur de la pomme souffre davantage que le secteur de la poire, cette dernière s’exportant aisément, de nouveaux débouchés ont été rapidement trouvés, ce qui a permis de faire remonter les prix de vente des produits.

Depuis l’embargo décrété en août 2014, ce sont 80.000 tonnes de pommes et 47.000 tonnes de poires qui, au niveau européen, ont fait l’objet de mesures de retrait de marché, pour un montant total d’aide européenne de 12.8 millions d’euros.

En ce qui concerne les nouveaux marchés tiers vers lesquels les producteurs peuvent écouler leurs produits, je renvoie l’honorable membre à la réponse donnée le 9 mars dernier à la question écrite n°334 de Monsieur Patrick PREVOT. Rien n’a changé depuis lors.

Les procédures liées à l’activation du fonds des calamités sont en cours. Ce qui ne signifie pas, de facto, que ce gel sera reconnu comme calamité agricole. En effet, les critères de reconnaissance doivent être rencontrés. L’avis de la Commission européenne doit également être demandé avant l’approbation finale de cette reconnaissance par le Gouvernement wallon. Ainsi, les seconds constats de dégâts établis par les commissions communales de constat de dégâts aux cultures sont en train d’être rédigés par les communes. Une fois en possession de l’administration, celle-ci aura une vue d’ensemble et pourra alors vérifier le respect des critères de reconnaissance comme calamité agricole.

Suite à la crise, quelques producteurs de pommes et de poires se sont organisés pour fournir des fruits issus d’un cahier des charges réduisant fortement l’usage des pesticides. Ils écoulent ces produits en vente directe ou via quelques partenaires de la grande distribution.

Pour soutenir les producteurs qui souhaitent mettre en place une démarche de réduction des pesticides, j’ai demandé au Collège des Producteurs de me présenter un projet dans le cadre de l’appel à projets Développement 2017 en vue de développer des filières de production de fruits et de légumes qui tendent vers le « zéro résidu ».

Le développement de la production de jus depuis 2014 a également permis à certains producteurs de diversifier leur clientèle et de trouver de nouveaux débouchés.

Par rapport au soutien des centres pilotes, j’ai demandé une évaluation des programmes et des budgets ; celle-ci est en cours. Je veillerai à ce que les programmes correspondent mieux aux difficultés rencontrées par les agriculteurs/horticulteurs et y apportent des solutions durables afin de garantir la poursuite de l’amélioration des pratiques culturales. Les moyens financiers de chacun seront répartis de manière à optimiser le financement des actions de chaque centre.

Pour ce qui concerne le Programme Fruits, légumes et lait à l’école, les inscriptions des écoles sont en cours.

Concernant les actions de promotion menées par l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (APAQ-W), j’ai souhaité qu’un budget supplémentaire de 200.000 euros soit débloqué en 2018. Une réunion de concertation avec le secteur fruitier wallon est prévue dans le courant du mois d’octobre afin de déterminer les actions les plus efficaces pour le secteur.