QUESTION ORALE DE M. DUFRANE À M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LA CONSOMMATION ABUSIVE DE BOISSONS ÉNERGISANTES »

 

Mme la Présidente – Mme Kapompole

L’ordre du jour appelle la question orale de M. Dufrane à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur « la consommation abusive de boissons énergisantes ».

La parole est à M. Dufrane pour poser sa question.

 

M. Dufrane (PS)

Monsieur le Ministre, les boissons énergisantes connaissent un réel engouement depuis un temps certain, notamment, auprès des adolescents et jeunes adultes.

Plusieurs enquêtes ont démontré la dangerosité de ces boissons sur l’organisme, puisque la consommation excessive peut engendrer certains troubles cardiaques, neurologiques ou encore psychiatriques.

Face aux risques que présentent ces boissons énergisantes, des campagnes de prévention sont-elles menées en Wallonie, notamment dans les lieux de sorties et au sein des établissements fréquentés par les jeunes ? Des collaborations avec vos homologues sont-elles envisagées afin de sensibiliser les jeunes au sein des programmes de médecine scolaire ? Disposez-vous d’éléments permettant de mieux circonscrire l’ampleur du phénomène en Wallonie ?

 

Mme la Présidente

La parole est à M. le Ministre Prévot.

 

M. Prévot

Monsieur le Député, je n’ai pas de données épidémiologiques qui font l’état des lieux de la consommation de boissons énergisantes en Wallonie.

Les données mises à disposition par les autorités européennes sont rassurantes sur l’iniquité de deux principaux composants des boissons énergisantes, à savoir la taurine et la déglucuraunolactone. Néanmoins, le risque existe d’une surconsommation potentiellement nuisible de caféine et des conséquences que celle-ci implique, telles qu’insomnie, nervosité, anxiété, maux de tête, tremblements et tachycardie, mais également l’accélération d’une dépendance aux substances consommées en même temps : nicotine, alcool et cannabis.

En absence d’une approche unifiée des boissons énergisantes au niveau européen, le Conseil supérieur de la santé réaffirme ses réserves à leur égard. Dans son avis 8622 de 2009, il recommande notamment de ne pas les consommer, de manière régulière ou excessive, en veillant à s’en tenir à un apport journalier total en caféine inférieur à 400 milligrammes, de ne pas consommer, lors de la prise d’alcool, lors de la pratique d’une activité physique intense et déconseille également leur consommation aux femmes enceintes et allaitantes, aux enfants et aux sujets sensibles à la caféine.

L’ASBL Univers Santé que je soutiens a des actions de prévention ciblées sur ces produits. Une brochure d’informations « Atout Santé » sur le thème des boissons énergisantes est diffusée en milieu estudiantin. L’ASBL diffuse également des conseils de réduction des risques menés dans le cadre plus large d’une campagne « Alcool » intitulée « Guindailles 2.10 ».

La Wallonie met en place, depuis plusieurs années, d’autres mesures pour contribuer à limiter les risques encourus par les personnes, lors de soirées festives, notamment pendant les festivals. Ces mesures sont réalisées par différents centres de promotion de la santé subsidiés par la Wallonie, comme l’ASBL déjà citée et aussi Modus Vivendi.

Cette ASBL a développé un projet pour réduire les risques lors des festivals. Il s’agit du label Quality Nights, implanté petit à petit dans toute la Wallonie. L’objectif est d’obtenir la mise à disposition de certains dispositifs, des messages de prévention, des bouchons d’oreilles, des actions pour diminuer les risques liés à la consommation d’alcool et d’autres drogues, les fontaines d’eau, et cetera.

En 2015, plus de 60 flux ont été labellisés en Belgique dont une vingtaine en Wallonie. Ces actions très spécifiques ne doivent pas faire oublier que la prévention à l’usage de substances psychoactives doit être abordée de manière générale. J’aborderai d’ailleurs cette prévention dans mon prochain Plan de prévention et de promotion de la santé.

 

Mme la Présidente

La parole est à M. Dufrane.

 

M. Dufrane (PS)

Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. Je ne manquerai pas de rester attentif au suivi du dossier, d’être attentif au plan que vous me concoctez.