Concept Media For Equity de Belgian Media Ventures

 

Question orale de M. Anthony Dufrane à M. Jean-Claude Marcourt, viceprésident, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias, intitulée «Concept Media For Equity de Belgian Media Ventures»

 

M. Anthony Dufrane (PS). Monsieur le Ministre, je me permets de revenir sur le projet Media For Equity, lancé par la Régie Média Belge (RMB), la régie publicitaire de la RTBF, et représenté à l’occasion par la société anonyme Belgian Media Ventures.

Cette initiative vise à proposer à des conditions favorables des espaces publicitaires restés invendus par la RTBF, en radio, télé et dans les nouveaux médias, à des sociétés à fort potentiel de croissance économique. En contrepartie, Belgium Media Ventures bénéficie d’une prise de participation minoritaire dans le capital de ces sociétés.

Dès ses débuts, le projet a permis à quatre start-up d’obtenir une campagne nationale sur la RTBF. En 2016, elles étaient six et on prévoit qu’elles seront dix à la fin de l’année.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous informer de l’état actuel de ce projet? Quel bilan peut-on tirer deux ans après son lancement? L’objectif d’attirer dix sociétés d’ici à la fin de l’année 2016 est-il ou sera-t-il atteint? Dans la négative, que compte faire la RMB pour promouvoir cette initiative?

Enfin, une autre grande régie média, Roularta, lance une stratégie similaire. En êtes-vous informé? Quel est votre avis sur le sujet? Ce nouveau projet ne va-t-il pas concurrencer l’initiative Media For Equity?

 

 

Réponse de M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et des Médias.

La société Belgian Media Ventures (BMV) a été constituée en janvier 2014. Cette société, filiale de la régie publicitaire de la RTBF (Régie Média Belge – RMB), agit sur la base du principe Media For Equity qui consiste à donner à de jeunes entreprises l’accès à des espaces publicitaires invendus en contrepartie d’une prise de participation. Les espaces publicitaires invendus sont des espaces gérés en floating time, c’est-à-dire que les spots publicitaires de l’entreprise demandeuse sont introduits en dernière minute s’il reste de la place dans les écrans publicitaires de la RTBF.

Grâce à ce principe de dernière minute, la valeur budgétaire de l’écran est fortement diminuée. Cela permet à la jeune entreprise demandeuse de bénéficier d’une campagne publicitaire importante en regard de sa contrepartie. La contrepartie demandée par BMV à l’entreprise est, d’une part, un achat d’espaces sur les médias de la RTBF pour 30 % de la valeur globale et, d’autre part, une entrée de BMV au capital de l’entreprise pour 70 % de la valeur. L’espace publicitaire octroyé à l’entreprise équivaut à quatre fois la valeur investie par elle en achat d’espaces et en prise de participation.

Il s’agit d’un accord gagnant-gagnant puisque la RTBF vend des espaces qu’elle n’aurait pas monétisés et que la jeune entreprise accède à des moyens marketing inespérés. L’objectif de BMV est de rester de trois à cinq ans maximum dans le capital des sociétés, la vocation n’étant nullement de spéculer sur la croissance des entreprises. En effet, le rachat des participations de BMV est prévu dès la signature de l’accord par un système de call pour l’entreprise avant le terme de trois ans et un système de put après ces trois ans.

Après deux ans d’activité, BMV a déjà signé quatre accords fermes avec de jeunes start-up ou scale-up: My Micro Invest, Dyna+/ Reductin, Acar’UP et Localisy. En 2015, BMV a dégagé le bénéfice de 45 000 euros et, à ce jour, quatre autres dossiers supplémentaires sont à l’examen.

Préalablement à l’investissement, BMV réalise une analyse de la société en passant en revue l’aspect financier, le produit ou service, le marché, la concurrence. Elle réalise aussi une analyse des risques pour évaluer le potentiel économique de la société.

Dans cette organisation, RMB ne fait que vendre l’espace à BMV comme elle le ferait vers d’autres clients. Par contre, dans le souci de faire connaître ses initiatives, BMV organise de nombreuses rencontres avec des « incubateurs » et autres associations professionnelles proches de jeunes entreprises wallonnes et bruxelloises afin de prospecter et faire connaître ce booster économique.

 

Réplique de M. Anthony Dufrane (PS).

Monsieur le Ministre, je vous remercie pour vos réponses encourageantes.

J’insiste particulièrement sur le fait que Belgian Media Ventures (BMV) représente un superbe outil et me réjouis du partenariat win-win conclu dans ce cadre entre les médias et les jeunes entreprises.

Je resterai attentif au dossier.